Ces derniers jours, la notion de « Plan B » a fait irruption dans le débat public numérique.
Dans une prise de parole relayée sur X (Twitter), Aurore Lalucq, présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, alerte sur la dépendance numérique et la nécessité de prévoir des alternatives.
Au-delà du contexte institutionnel, cette intervention met en lumière une réalité qui concerne directement les entreprises : la question du Plan B n’est plus uniquement politique ou technologique. Elle est devenue un sujet de gouvernance des données.
Le numérique est devenu une infrastructure critique
Aujourd’hui, le numérique n’est plus un simple support.
Il constitue l’infrastructure même de l’activité économique :
- outils collaboratifs
- données métiers
- flux de travail
- accès aux ressources
- décisions opérationnelles
Les organisations travaillent, échangent, stockent et décident via des environnements numériques devenus indispensables.
Dans ce contexte, la question n’est pas d’imaginer une panne totale ou un scénario catastrophe. La réalité est plus subtile et plus fréquente.
Quand les conditions évoluent, la dépendance devient visible
La fragilité n’apparaît pas toujours sous la forme d’une coupure brutale.
Elle se manifeste souvent lorsque les conditions changent :
- un accès qui se complexifie
- une règle contractuelle ou réglementaire qui évolue
- un cadre juridique qui s’impose
- une dépendance à un acteur unique qui devient tangible
À ce moment-là, les organisations ne cherchent pas un discours.
Elles cherchent de la lisibilité et de la capacité d’action.
Gouvernance des données : les vraies questions à se poser
C’est précisément là que la gouvernance des données devient centrale. Non pas comme un concept théorique, mais comme une pratique opérationnelle. Toute organisation devrait être en mesure de répondre clairement à ces questions :
- Où sont réellement les données ?
- Sous quel cadre juridique sont-elles soumises ?
- Qui peut y accéder, et dans quelles conditions ?
- Qui garde la main en cas d’incident ?
- Comment assurer la restauration et la continuité de l’activité ?
Autrement dit, la gouvernance commence là où la responsabilité ne peut plus être déléguée.
Le « Plan B » : d’un scénario de crise à une brique normale de gouvernance
Dans ce contexte, le « Plan B » ne doit pas être compris comme un scénario de crise ou une alternative radicale aux outils existants. Il s’agit plutôt d’une brique normale de gouvernance, intégrée au fonctionnement courant de l’entreprise.
Un Plan B, c’est la capacité à :
- restaurer ses données de manière indépendante
- continuer à opérer malgré des contraintes externes
- garder la maîtrise décisionnelle
- assurer la continuité sans dépendre d’un seul point de décision
Gouvernance 100 % française : un choix de maîtrise
Chez Plan B, nous partons d’un constat simple :
- les outils sont performants
- les usages sont bien installés
- la continuité ne peut pas reposer sur une dépendance unique
C’est pourquoi nous défendons une gouvernance des données 100 % française, fondée sur :
- un cadre juridique français et européen
- une maîtrise claire des données
- une capacité de restauration indépendante
- une continuité pensée dans la durée
La souveraineté n’est pas une posture. C’est une capacité opérationnelle à durer, même lorsque l’environnement évolue.
La souveraineté se pratique, elle ne se proclame pas
La prise de parole d’Aurore Lalucq agit comme un révélateur. Elle rappelle que la dépendance numérique n’est pas un sujet futur, mais une réalité présente. Pour les entreprises, la vraie question n’est pas idéologique.
Elle est pragmatique : sommes-nous réellement prêts à continuer dans toutes les situations ?
La souveraineté des données ne se décrète pas. Elle se construit, s’organise et se gouverne, au quotidien.